Un grand stade pour la Coupe du Monde 1998 ou la naissance du Stade de France
Le 2 juillet 1992, la France est désignée par la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) pour organiser la Coupe du Monde de football 1998. Pour ce faire, l’Etat français devra bâtir un stade pouvant accueillir 80 000 spectateurs. Une autre condition est également posée par la Fédération : les places devront toutes être assises et couvertes. L’investissement est tel qu’il fera l’objet d’un partage entre l’Etat et le Consortium Stade de France (société concessionnaire créée le 26 décembre 1994). Même si l’Etat conserve une certaine maîtrise de l’ouvrage, le Consortium en assure la réalisation, l’exploitation et le maintien, durant toute la durée de la concession (en l’occurrence 30 ans). La première pierre du « Grand Stade » -comme il a longtemps été surnommé- est posée le 6 septembre 1995, dans le quartier de la Plaine Saint-Denis, au nord de Paris. Le 4 décembre de la même année, un jury se rassemble pour lui trouver un nom définitif. Le nom de Michel Platini est très souvent évoqué, mais c’est finalement et en toute simplicité le titre de « Stade de France » qui sera retenu. Plus tard, dans l’optique des Jeux Olympiques d’été de 2012, il a momentanément porté le nom de Stade de France – Paris 2012, avant que la ville de Londres ne soit finalement choisie pour accueillir la compétition. Le 28 janvier 1998, le stade est inauguré par le président de la République, Jacques Chirac, à l’occasion d’un match amical opposant la France à l’Espagne. Ce soir-là, Zinedine Zidane inscrira le tout premier but de l’histoire du stade parisien. La fête est mémorable, honorée par la présence de nombreux grands sportifs français : Alain Prost, Luc Alphand, Michel Platini, Jeannie Longo et bien d’autres encore. Le Stade de France devient, grâce à ses 81338 places, le plus grand stade français.

Il demeure dans les esprits le lieu mythique de la Coupe du Monde de football 1998. Plusieurs matchs de la compétition s’y succèderont, notamment la rencontre du premier tour France-Arabie Saoudite marquée par une affluence extraordinaire de 80 000 spectateurs, et bien sûr la finale qui verra triompher les Bleus face à l’équipe brésilienne.

Les grands evenements au Stade de France
Depuis cet évènement, de nombreuses rencontres footballistiques s’y déroulent : les finales de la Coupe de France et de la Coupe de la Ligue, ainsi que les finales 2000 et 2006 de la Ligue des Champions de l’UEFA. Les matchs de l’équipe de France de rugby à XV et du Tournoi des Six Nations se joueront aussi au Stade de France. Ponctuellement, l’enceinte sportive mettra à l’honneur d’autres disciplines ; elle sera l’hôte par exemple des Championnats du monde d’athlétisme de 2003, de cinq finales du Trophée Andros entre 1999 et 2008, et des Championnats du monde de motocross en 1998 et 1999. Le meeting Areva d’athlétisme y a également lieu chaque 1er juillet depuis 1999. D’un abord plus culturel cette fois-ci, une multitude d’artistes se sont produits au Stade de France depuis son inauguration : Johnny Halliday, Céline Dion, AC/DC, Madonna,… Le 18 septembre 2010, le groupe U2 enregistre le record du stade, en réunissant 96 540 spectateurs en un seul concert. Le stade parisien sera aussi le cadre de grands spectacles, comme le « Ben-Hur » de Robert Hossein en septembre 2006, ou encore les opéras « Nabucco » (septembre 2008) et « Aïda »(octobre 2010). L’humoriste Jean-Marie Bigard aura même l’audace de venir y jouer une représentation de son one-man-show « Des animaux et des hommes » le 18 juin 2004. 50 000 personnes seront là pour l’applaudir.

Architecture et installations du Stade de France
Le Stade de France est reconnu pour sa modernité et son architecture remarquable. Ses concepteurs ont tout mis en œuvre pour assurer une excellente visibilité aux spectateurs. Pour cela, des règles strictes ont été appliquées, comme par exemple le respect d’une distance maximale de 193 mètres entre chaque siège et le point de corner opposé. De plus, les tribunes ont volontairement été construites suffisamment en pente, afin que chacun puisse profiter du spectacle sans être gêné par la tête du spectateur devant soi. Les tribunes basses amovibles sont également une particularité architecturale du lieu. En effet, elles permettent d’adapter la configuration du stade en fonction des manifestations qui s’y déroulent. Elles seront ainsi rétractées pour les compétitions d’athlétisme. Leur déplacement représente un travail titanesque qui dure en moyenne 80 heures.

Le toit du Stade de France représente à lui seul un véritable exploit technique. Situé à 45 mètres au-dessus de la pelouse, il est orné d’une grande verrière teintée au centre, qui laisse pénétrer la lumière naturelle. Toujours dans un souci d’amélioration de la visibilité, cette couverture en forme d’ellipse renferme tout le matériel de sonorisation et d’éclairage.

Enfin, le stade est doté de multiples installations ; d’abord pour le sport avec des salles d’échauffement, une infirmerie, des locaux pour le jury, ainsi que plusieurs vestiaires (dont un de 400 m² alloué à l’athlétisme), et aussi pour les artistes qui pourront trouver des salles de répétitions, un espace détente, une salle pour les costumes… Autant d’équipements qui confèrent à ce lieu légendaire un confort et une qualité d’accueil hors du commun. En 2006, deux nouveaux écrans géants (chacun d’eux faisant la taille d’un terrain de tennis) rejoignent l’enceinte du stade parisien.

Le Stade de France, seul stade au monde à avoir vu jouer une finale de coupe du monde de football et une finale de coupe du monde de rugby, nous promet encore de belles émotions sportives, puisqu’il sera le berceau de plusieurs rencontres de l’Euro 2016, dont la finale.